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Salah Boultif : " Pour valoriser notre image, nous devons améliorer l'accueil et la prise en charge"

    source : elwatan.com du 07/09/2012


L’association de défense des droits des Algériens résidents en France a déposé au mois d’août une plainte auprès de la Commission européenne des transports aériens contre Air Algérie et Aigle Azur, accusant les compagnies d’«entente commerciale illicite». Qu'en est-il au juste ? 

L’été  est une période propice aux mécontentements réels ou supposés. Une période également dense en activité pour la compagnie. Au programme «Eté renforcé» se sont ajoutés le transport des pèlerins vers l’Arabie Saoudite pour la omra et les préparatifs de la campagne hadj. Si cette prétendue association, qui n’active bizarrement que durant la période estivale et qui est basée en France, était au fait des règlements, elle devrait d’abord interpeller les compagnies aériennes de droit français. On ne comprend pas cette focalisation sur Air Algérie qui est avant tout la compagnie nationale algérienne. En France, Air Algérie comme toutes les compagnies étrangères, est soumise à des règles strictes et incontournables (obtention de créneaux horaires, approbation des programmes de vols et politique tarifaire selon les pratiques du marché français). Prétendre aujourd’hui qu’il y a «une entente commerciale» est une pure affabulation.

 

Comment ce problème estival, récurrent, que rencontre Air Algérie peut être résolu à l'avenir ? 

Il n’y a pas de «problème estival». Il y a simplement une forte demande, par ailleurs très concentrée sur des dates précises, surtout entre le 20 août et le 10 septembre. Air Algérie prévoit et fait face seule aux problèmes des vols additionnels, qui ne sont chargés que dans un seul sens. Les autres compagnies, dans leur grande majorité, n’ajoutent pas ce genre de vols, pour lesquels nous sommes soumis à l’approbation des autorités de l’aviation civile des Etats de destination, qui tardent parfois à donner des accords. Quant aux embouteillages, causés par les passagers qui ne confirment pas leur date de retour ou qui la changent, il n’est pas facile de les gérer car ils surviennent de manière imprévisible.

 

Il est reproché à l’Algérie de ne pas assez ouvrir son ciel. Cela n'est rien d'autre qu'une accusation d'exercice de monopole… 

Le ciel algérien est ouvert, mais selon des accords bilatéraux basés sur le partage égalitaire des capacités des compagnies. Il est vrai que ce ne sont pas des accords de type «open sky» (ciel ouvert), sans limitation de capacités. Mais pourquoi ne négocie-t-on pas ce type d’accord avec les Etats du Moyen-Orient (Emirats arabes unis, Qatar…) ? Il faut se poser la question. C’est parce que ces pays disposent de compagnies aériennes de 6e liberté, des compagnies parmi les meilleures au monde, à la politique agressive, qui n’ont pas de marchés naturels mais qui vont chercher ces marchés à travers le monde. Les gens qui évoquent le spectre inexistant de monopole sont tout à fait hors sujet. De quel monopole parle-t-on ? Du ciel algérien ? Comment peut-on parler de monopole, quand une vingtaine de compagnies opèrent de et vers l’Algérie ? Cela relève de la mauvaise foi… Il y aussi des compagnies nationales, Tassili Airlines, Air Express et Star Aviation au sud du pays, des compagnies privées même si leurs AOC (permis d’exploitation) sont limités en termes de capacité de transport. Pour le reste, c’est aux pouvoirs publics algériens, souverains, que revient la décision d’agréer ou non d’autres compagnies nationales en fonction de l’intérêt général.

 

Turkish Airlines et Aigle Azur demandent des dessertes nationales qu’Air Algérie aurait refusées…  

Une autre vision étriquée qui n’a rien à voir avec la réalité. D’abord Air Algérie n’est qu’un exploitant, elle n’a pas le pouvoir de refuser ou d’accorder quoi que ce soit. Cette prérogative est exercée par l’Etat en toute souveraineté à travers le ministère des Transports (direction de l’aviation civile et de la météorologie). Et je répondrai par une autre question : est-ce que les Etats respectifs de ces deux compagnies autoriseraient Air Algérie à exploiter Istanbul-Antalya ou Paris-Marseille ?

 

Les détracteurs d’Air Algérie se sont félicités de votre nomination à la tête de la compagnie. Où en êtes-vous dans votre mission et à quels problèmes majeurs faites-vous face ? 

Je pense qu’il est impossible de redresser Air Algérie ou n’importe quelle autre compagnie aérienne en une année. Le miracle dans les domaines de l’économie et de la gestion n’existe pas. C’est une œuvre, qui demande du temps, des efforts et surtout une vision. Cette vision, nous venons de la définir à travers le plan à moyen terme de l’entreprise 2012/2017. Ce plan comporte 10 axes stratégiques et des objectifs quantifiés. Le problème majeur et réellement épineux en ce qui nous concerne est celui du sureffectif actuel auquel il faut trouver une solution. Le deuxième étant celui de la formation, le troisième celui de mettre en place un hub à Alger pour réaliser nos ambitions. Le meilleur exemple est donné par les compagnies de 6e liberté.

 

On parle beaucoup du vieillissement de la flotte de la compagnie… 

Ce n’est pas le cas. Aujourd’hui le taux moyen est de 7,5 années d’âge pour la flotte de la compagnie. Le taux moyen chez les compagnies arabes membres de l’AACO (association régionale) est de 7,3 années. De plus, ce volet est pris en charge dans le cadre du plan à moyen terme de l’entreprise. Air Algérie opère dans un secteur fortement réglementé au niveau international et national (normes, règles et procédures OACI, IATA, etc.). Les différents audits de ces organisations imposent à la Compagnie un maintien aux normes et standards internationaux dans les domaines liés aux métiers de base.

 

Air Algérie est connue pour ses retards, c'est l’un des principaux problèmes soulevés par votre clientèle !  

C’est une contrevérité, nous ne sommes pas connus pour nos retards, même si on reconnaît une certaine dégradation de la ponctualité ces dernières années. Les causes sont multiples, liées à l’entreprise et à son environnement. Des efforts sont faits pour améliorer les performances, les résultats sont encourageants, mais c’est un travail permanent et qui nécessite une attention de tous les moments.

 

Qu’en est-il de vos objectifs quant à la valorisation de l'image de la compagnie Air Algérie pour faire face à la concurrence ?  

La valorisation de l’image de la compagnie commence par des efforts pour une régularité et une meilleure ponctualité. Nous devons améliorer l’accueil et la prise en charge et enfin perfectionner le produit lui-même : confort à bord, etc.

 

Le prix du billet vers le Grand Sud pose toujours problème… 

Le transport vers le Grand Sud doit bénéficier d’une attention très particulière. Nous ne le perdons pas de vue. Pour cela, nous avons d’abord renforcé les dessertes et consenti des réductions sur le plan tarifaire jusqu’à 50% en faveur des agences de voyages durant la saison touristique hiver 2011/2012. Une convention a également été signée avec le ministère de la Solidarité pour la prise en charge des étudiants.

 

Qu'en est-il du transport des hadjis cette saison ? 

Les vols débuteront le 26 septembre au départ de cinq aéroports algériens : Alger, Oran, Constantine, Annaba et Ouargla, vers Djeddah et Médine. Air Algérie et Saudia vont partager le trafic, à hauteur de 18 000 pèlerins chaque compagnie. Air Algérie opérera 3 vols par jour (2 sur Djeddah et 1 sur Médine) en fonction du programme imposé par la partie saoudienne. Air Algérie, en plus de sa flotte propre, utilisera un appareil affrété pour la circonstance.

 

Pouvez-vous nous parler des grands projets de la compagnie ? 

Nous prévoyons la relance de la formation – notamment par la réalisation d’un centre de formation propre à la compagnie – l’achèvement de la tranche 3 de sa base de maintenance, la restructuration de la compagnie en groupe et filiales, la mise en place du hub de l’aéroport international d’Alger, l’achèvement des travaux du siège social de la compagnie, le développement du réseau et surtout l’objectif de garder le leadership du marché algérien.

 

Tag(s) : #Air

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