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Amar Ghoul et Mohamed Boultif ont fièrement réceptionné, devant la presse, le premier ATR 72-600 dans le cadre de l’extension de la flotte d’air Algérie.

Il est évident que ce ne sont pas les quelques aéronefs commandés qui sauveront Air Algérie du chaos dans lequel la compagnie est plongée depuis plusieurs années et cela ne fera en rien oublier la bérézina du pavillon national.

La recette serait bien trop facile, il suffirait d’acheter des avions pour sauver les compagnies de la faillite !

Air Algérie ne produit pas de bénéfices, bien au contraire Air Algérie coute cher, très cher à l’Etat et aux contribuables algériens.

De 2000 à 2006, Air Algérie a du procéder à 5 augmentations de capital d’un montant dépassant les 112 milliards de dinars.

En 2009, après un plan de sauvetage de prés de 100 milliards de dinars (environ 1 milliard d'euros), Air Algérie a fait l'objet d'un nouveau plan de sauvetage en 2012 d’un montant de 60 milliards de dinars (600 millions d'euros).

L’effectif actuel comptabilise prés de 10 000 salariés ; il passera sans doute passe à prés de 15 000 salariés avec la commande des 16 nouveaux appareils.

Ce n’est pas l’augmentation de la flotte qui fera disparaitre d’un coup de baguette magique les insuffisances chroniques de gestion, de management, de qualité de service, et de sureffectif.

La gestion des ressources humaines semble être une notion totalement étrangère à la compagnie nationale : alors que chez Ryanair il ne suffit que 30 salariés (tout emploi confondu) pour faire voler un avion ; il en faut plus de 240 chez Air Algérie.

Par ailleurs chacun sait que lorsque des salariés n’ont pas été recruté par leurs compétences, mais placés et imposés ; ils sont improductifs, incontrôlables et deviennent une charge et un danger pour l’entreprise.

Même si dans la compagnie il existe des salariés consciencieux et travailleurs, pourquoi Air Algérie continue-t-elle de recruter tous ces « parasites et « fils à papa » ?

L’entreprise nationale, gangrenée de longue date par l’intérêt personnel, l’appartenance clanique, la dilapidation des deniers publics, sans parler des vols permanents de bagages ; n’est plus un service public et n’est plus le symbole de la souveraineté nationale.

Air Algérie ressemble de prés à la défunte Air Afrique disparue en 2002 en raison de son sureffectif, ses retards, sa gestion financière chaotique, ses conflits d’intérêts sur fond politique, et le recrutement permanent des proches du pouvoir.

Air Algérie est plongée depuis trop longtemps dans le « coma », il est urgent, dans l’intérêt du citoyen et de la sauvegarde des deniers publics, de cesser d’alimenter ce canard boiteux qui ne sert que les intérêts d’une minorité.

Il est trop tard pour sauver Air Algérie à moins de supprimer au moins 50 % de son sureffectif. Ce ne sont certainement pas les prochaines mesurettes « politiques » que devrait annoncer le ministre des transports quant à l’audit transmis au premier ministre qui pourraient remettre Air Algérie sur le chemin de la croissance et de l’efficacité.

safarDZ , Lille le 10 Janvier 2015

Air Algérie

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